3 notes musicales pour bien se vendre


Piano

1. « Pour quoi » plutôt que « quoi » – le pouvoir de l’intention

Si vous deviez vendre un piano, vous pourriez passer des heures à expliquer les qualités intrinsèques durant son processus de fabrication. Mais cela ne toucherait pas nécessairement votre acheteur. Votre acheteur attend surtout que vous lui vendiez la musique que produira votre piano.

En entretien, ne vous perdez pas en justifications trop détaillées sur ce que contient le produit et comment il a été élaboré. Commencer par la cause qui a présidé à sa naissance. Et quand il s’agit de vos compétences, dites pourquoi vous aimez tant le métier que vous faites ? Parce qu’il contribue pour vous-même à nourrir quels besoins fondamentaux et universels ?

2. Seulement l’indispensable est nécessaire

Pour reprendre la métaphore de la musique et du piano, en jazz ou dans le blues, le groupe a besoin de connaitre quelques accords sur lesquels le reste de l’improvisation pourra se dérouler. En entretien de vente ou de recrutement, il n’est pas nécessaire d’infliger la liste de toutes les qualités et des compétences que votre produit ou vous-même possédez. La qualité ou la compétence vraiment importante pour votre client ou votre recruteur c’est la conviction que vous pouvez répondre au problème qu’il aimerait résoudre avec vous. Alors, si vous avez celle-ci, jouez-la ! et évitez les fausses notes…

3. Soyez vrai

A force de longues heures d’apprentissage, vous avez acquis assez de souplesse pour jouer Mozart.

Formidable. En plus c’est bien du Mozart que l’on demande ici.

Le problème c’est que vous n’aimez pas jouer Mozart, votre truc c’est le jazz.
Il est tentant pour intégrer l’orchestre de dire que l’on sait jouer du Mozart. Et en même temps, si jour après jour vous le faites sans « élan », vous contribuez vous-même à votre enfer.

En partageant ce qui est plus vivant pour vous, vous vous donnez  2 occasions d’être plus heureux.
Vous évitez de perdre votre temps dans une activité non nourrissante.
Et vous vous créez une plus grande chance que votre réseau vous aide à trouver ce que vous cherchez. Et vous rejoindrez bientôt votre groupe de jazz….
Stéphane Loiret – Fév 2014

Dresscode, comment ma tenue parle de moi…


ImageComment s’habiller un jour de semaine ordinaire, lorsque nous avons quitté notre dernier emploi et ne sommes pas encore dans le prochain job ? Cette question anodine ne l’est pas. Si « l’habit ne fait pas le moine » dit l’adage, il permet néanmoins de vous faire accepter au monastère.

La forme précède le fond, autant dans le langage que dans notre façon d’être. Si je dis mal ce que je fais bien, il y a de forte chances que mon interlocuteur pense que je le fais mal. Si je n’ai pas une apparence vestimentaire appropriée à la situation c’est la même chose. Le déplorer nous ferait perdre en vain de l’énergie sur ce que nous ne pouvons pas changer : la réalité du regard des autres.

Alors comment rester moi-même tout en veillant aux codes ? Dois-je m’adapter en permanence au risque de ne plus être perçu tel que je suis ? J’ai interviewé Olivia Portaud, Coach et formatrice en image professionnelle à ce sujet afin qu’elle partage quelques conseils pratiques.

« Vous ne pourrez empêcher votre interlocuteur de penser que sa première impression est souvent la bonne, surtout si elle est mauvaise. Montrer que l’on a intégré les codes d’un milieu professionnel, ne suffit pas » indique Olivia Portaud, qui s’insurge contre les pratiques de « relooking » qui peuvent parfois oublier la personne que vous êtes.

OP: « Ce qui rend votre look inspirant, c’est sa cohérence ; c’est l’expression de votre personnalité propre et l’intégration des codes en usage dans votre milieu d’appartenance ».

SL: « Si je comprend bien, c’est un peu la même chose qu’avec le langage. Les mots que vous employez pour décrire qui vous êtes ou votre projet se travaillent, lorsque vous êtes en démarche réseau pour trouver votre emploi. Ils sont d’autant plus inspirants qu’ils reflètent votre vraie personnalité tout en étant « recevables » par le milieu auquel vous vous adressez. »

OP: « Tout à fait, et les similitudes entre nos vêtements et le langage ne s’arrêtent pas là. Vos vêtements parlent de vous, vous racontent et décrivent pour qui observe bien, la personne que vous êtes. Autant prendre conscience de ce que je dégage pour être certaine que je reste cohérente avec mon intention. »

SL: « Y a-t-il un exemple concret, de vêtement ou d’accessoire sur lequel un homme ou une femme peut porter attention afin de rendre son image cohérente ? »

OP: « Certainement, vos  accessoires révèlent  des signes lisibles par les recruteurs, alors autant les connaître pour les maîtriser…
Pour les femmes, prenons le cas de notre sac à main.sac carré
Un sac de forme « CARRE » est à privilégier si vous voulez montrer votre aptitude à l’organisation. Si c’est bien ce qui vous caractérise, vous faites certainement le bon choix en adoptant cette forme.

Un sac de forme « RONDE » montre votre mental tourné vers l’affectif.

SL: « Et pour les hommes ? »

OP: « Pour les messieurs, l’attention portée au choix des chaussures est un incontournable. Au-delà des recommandations « basiques » sur l’entretien et l’aspect (cirées, aspect des lacets…), la forme de la chaussure va révéler une part de votre état d’esprit. Une chaussure plus allongée, à bout plutôt pointu signale le mouvement ou l’élan de la personne. Si vous êtes plutôt réservé et introverti, les chaussures à bouts plus arrondis vous conviendront davantage. Encore une fois si les usages veulent que vos chaussures soient « noires » dans votre milieu, le choix de la forme va vous permettre de respecter votre personnalité en cohérence avec votre milieu. »

Ce que j’aime dans ces observations d’Olivia, c’est qu’il n’y a pas « une seule et unique bonne façon » de s’habiller. Il s’agit bien d’adopter les codes en respectant notre personnalité.

Que de points communs avec notre manière de nous exprimer ! Combien de candidats ai-je vu réciter leur canevas d’entretien en s’interrogeant si c’était bien ce que j’attendais ? N’abandonnez-pas qui vous êtes pour « coller » à ce que vous imaginez que l’on attend de vous ! Bien sûr que votre milieu professionnel utilise des mots qu’il convient de connaître. Pour autant, en exprimant vos aspirations ou ce qui motive vos projets, vous vous donnez davantage de chance de réussir votre entretien.
Stéphane Loiret – Jan 2014

Et pour aller plus loin…

Vous voulez faire de votre choix vestimentaire un allié efficace de votre communication ?
Si cela vous intéresse, Olivia propose un atelier à Paris sur 2 demi-journées dédié à votre image professionnelle : faire de votre code vestimentaire un allié efficace de votre communication.
La première aura lieu le 12 Avril 2014, matinée consacrée aux Hommes, après-midi dédiée aux Femmes (Mo L1-Sablons).
La deuxième sera placée 4 à 6 semaines après, pour vous permettre d’intégrer les principes découverts en première session et restituer les expériences.

En savoir plus? cliquez sur la page d’inscription

Le meilleur présent du présent


cave-a-vinAvertissement: Cet article ne se veut nullement une incitation à l’alcoolisme. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. 

Maxime

Maxime est un spécialiste de l’organisation. C’est même un gourou dans son domaine, « l’efficacité professionnelle ». Ce soir il a décidé de s’arrêter de travailler plus tôt. Il a une bonne raison pour cela. Nous sommes réunis en cette soirée d’Octobre, pour un simple pot entre quelques amis. Nous célébrons la naissance de sa société matérialisée par la réception de son Kbis. Sa société c’est en même temps la concrétisation d’un rêve longtemps repoussé et copieusement réfléchi.

Il affiche le sourire gourmand de celui qui s’apprête à célébrer un moment exceptionnel. « C’est ma meilleure bouteille ! » nous dit-il en tendant, un peu ému, son trophée.

Certes, Maxime a conscience qu’il reste encore beaucoup à accomplir pour faire de ce rêve une réalité probante. Il reste à trouver des clients, faire rentrer des ressources, déployer l’activité. Oui, c’est vrai…

La bonne occasion

Maxime fait partie des personnes qui ont tout au long de leurs vies professionnelles, ont été focalisées sur la performance et notamment sur ce qui « reste à faire ». Sans remettre en cause les mérites de la « TO DO LIST », Maxime est pourtant décidé à changer de perspective. Aujourd’hui, un nouveau pas a été accompli et une nouvelle étape atteinte sur son chemin de vie. Il prend délibérément le temps de s’arrêter pour célébrer cet instant précieux.

Ce qui m’a frappé c’est de mesurer que la générosité de son geste n’était pas liée à l’image qu’il voulait donner. Non, c’était authentiquement de la joie qui s’exprimait. Donner le meilleur de ce qui est disponible parce que le présent est là pour l’accueillir.

Je pensais en moi-même: « et moi, combien de fois ai-je repoussé l’occasion d’ouvrir ma meilleure bouteille ? » Sans s’en douter, Maxime m’a permis une prise de conscience qui sonnait comme une évidence. Pourquoi me suis-je retenu alors qu’une fois ouverte cette « meilleure bouteille », il resterait la meilleure dans celles qui restent disponibles.

N’est ce pas pareil pour notre temps?

Et si je suis avec des personnes avec lesquelles je n’aimerais pas partager ce que j’ai de meilleur, quel sens de les accueillir ? Le meilleur de nous n’est pas toujours dans la « meilleure bouteille » ou le plus joli cadeau.
Le meilleur de nous est souvent plus proche que nous n’imaginons. Dans la qualité de notre présence, la densité de notre écoute, l’ouverture disponible à l’autre.

C’est un présent précieux que celui de notre temps présent. J’y pense à chaque fois que je rencontre une nouvelle personne. Cela a changé ma gestion des priorités. J’ai ajouté à ma gestion du temps, du temps « dense ».

Il me sert à accueillir les moments de célébration que je sacrifiais pour d’autres choses à faire. « Pas le temps de s’arrêter là ! » me disait ma petite voix intérieure pour la part de moi empressée d’accomplir et de réaliser mille choses. Je note ces « kifs » de la journée sur un petit carnet et me relie aux moments qui ont nourri cette nouvelle journée, à la manière de Florence Servan-Schreiber.

Je me suis rendu compte que prendre ce moment d’attention pour moi, me rendait infiniment plus disponible dans ma relation à l’autre.
A l’inverse, dès que je négligeais cette « routine », alors venait  s’exprimer la part de moi qui « veut être efficace coûte que coûte » avec force.
Je perdais de l’énergie et de la qualité d’accueil pour écouter et être présent à l’autre.

Et si prendre soin de soi, constituait une bonne façon de faire du bien autour de soi ?

Stéphane Loiret – Déc 2013

Rendez votre profil incontournable sur #LinkedIn


ImageDEUX CENT CINQUANTE MILLIONS ET MOI ET MOI ET MOI…

Avec plus de 250 millions de membres, LinkedIn est devenu l’outil incontournable de votre communication professionnelle. En même temps, votre profil peut sembler dilué parmi les autres. Vous étiez remarquable dans la vraie vie, au sein de votre entreprise ou auprès de vos collègues de promotion. Et « 250 million » c’est tellement énorme que vous apparaissez comme une goutte d’eau dans l’océan des talents que compte LinkedIn.

Le « résumé » de LinkedIn, peut vous aider. C’est sans doute la partie la plus délicate à remplir dans le profil et pour autant certainement la plus efficace en terme d’impact.

Voici 3 points qui peuvent vous y aider.

1. Mots Clés oui, mais du Contenu d’abord

Tout le monde semble obsédé par les Mots Clés. C’est vrai qu’ils sont importants dans votre optimisation d’indexation (SEO: Search Engine Optimization).

Pour autant, les bons Mots Clés ne remplacent pas le bon contenu. Alors pensez d’abord à votre contenu, à la qualité de ce contenu. Et seulement ensuite pensez aux mots clés. Pensez comme un chasseur de tête. Quels mots sont susceptibles d’être utilisés dans sa recherche? Entrez les dans l’onglet « Recherche Avancée » de LinkedIn et regardez les profils qui obtiennent le meilleur rang. En quoi vous inspirent-ils?

2. Authenticité et Aspirations

Votre Résumé mérite un contenu qui permette de connaitre la personne que vous êtes. Les personnes qui ont besoin de quelqu’un comme vous veulent savoir comment vous allez faire la différence pour eux.

Posez-vous ces questions:
Pourquoi avez-vous choisi le travail que vous faites ?
Quels sont les besoins fondamentaux que vous nourrissez à travers votre travail ?
Quelles valeurs sont en jeu pour vous? Quelles convictions vous animent?

Poser les mots qui répondent à ces questions, va permettre de tisser des liens forts entre la personne que vous êtes et le lecteur qui reçoit votre authenticité. Ne jouez pas, soyez vrai. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse ici. Il s’agit simplement de vous.

3. Cohérence et Esprit de synthèse

Faites le plus court possible. Concentrez-vous sur ce qui sert votre objectif; votre projet, votre prochaine étape de rêve. Peu importe que vous ayiez eu plusieurs jobs différents dans des industries différentes. Qu’est-il est réellement utile de partager aujourd’hui sur vous? vos compétences? votre motivation? Ecartez les détails lorsqu’ils ne servent pas à la compréhension de votre but présent.

Retenez : « Moins, c’est Mieux« .

Ne manquez pas les formations de NouvelleCarrière,

http://www.nouvellecarriere.com/NouvelleCarriere/Inscription_LinkedIn_Live.html

@StephaneLoiret

Stéphane Loiret – Sept 2013

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linkedin

Tips worth spreading

With close to 250 million members worldwide, LinkedIn has become more than ever the place to be for your professional track record. At the same time, your profile may be diluted among others. While being remarkable in real life, within your company or your co-graduates at school, the « 250 million » figure shows you like a drop of water in an ocean of expertise.

The LinkedIn « summary », therefore is the most difficult area to fill in your profile, and the most powerful either to make it stand out.

Here are 3 tips you can keep in mind prior going through the exercise.

1. Keywords after Content

Everybody seems obsessed by key words. They are indeed important for Search Engine Optimization.

Great keywords will never replace content. So, start with content. Think content, quality content, then think key words. Think like a head hunter. Which words are most likely to be used in her research? Enter them in the advanced search in « Linkedin » and look at the profiles scoring high. Are they somewhat inspiring to you ?

2. Authenticity in your Cause

Your Summary deserves content that reveal who you really are as a person. People searching for you want to know how you are going to make a difference.

Ask yourself these questions:
Why did you choose the job you are doing ?
What are the needs met for you ?
What is your cause ? What are your beliefs ?

These are powerful links between you as a person and the reader as a person. Don’t pretend, be yourself. There are no good or bad answers to these questions, it’s just about you.

3. Consistency for Efficiency

Make it as short as possible. Focus on what serves the purpose; your project, your dream next step. No matter if you had several different jobs in different industries. What is really useful to share today about you? your competencies? your motivation? Erase details when irrelevant for your goal.

In that exercise as well « Less, is More« .

Like it ? Share it.

@StephaneLoiret

Stéphane Loiret – Sept 2013

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Next LinkedIn Training  (French version) by NouvelleCarrière,

http://www.nouvellecarriere.com/NouvelleCarriere/Inscription_LinkedIn_Live.html

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« Le travail rend-il malheureux? »


Le travail rend-il malheureux?Cette question m’a été posé à quelques jours d’intervalles par 2 cadres et dirigeants. Au moment où la situation économique en Europe est telle que les personnes sans emploi se comptent par millions, la question peut sembler iconoclaste.

Et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ceux qui n’ont plus de travail placent en tête le souhait ardent de retrouver une situation professionnelle. Et en même temps, certains de ceux qui ont un emploi de cadre ou qui dirigent une entité dans un groupe ne se sont jamais sentis autant surchargés, débordés ou en manque de soutien.

De quoi avez-vous peur?

Suzan a 30 ans. Elle travaille depuis 2 ans et demi dans une entreprise de services. Une « belle entreprise » comme on dit. Une entreprise où elle travaille dur, et où elle n’a plus d’envie. Elle est en charge du développement commercial et son problème c’est qu’elle a du mal à fixer les limites, à dire non à la demande de trop.

Alors la charge devient peu à peu écrasante. Suzan a troqué son enthousiasme des débuts pour la peur. De peur de ne pas atteindre ses objectifs, ses heures s’allongent, …et son temps de sommeil se réduit. De peur de perdre son emploi, de se retrouver dans l’incapacité à s’assumer financièrement, elle accepte toujours plus. Sans la force de dire non, la situation devient de plus en plus difficile à supporter.

Elle se dit qu’elle ne peut compter sur personne. Et personne ne s’en préoccupe, ni ses collègues, qui vivent la même chose, ni son patron, autant « débordé ». Et dans les autres pensées limitantes, elle se trouve de plus en plus incapable. Elle se dit qu’elle est prisonnière d’un piège dont elle a accepté la mise en œuvre, et qu’elle n’a pas le choix

Ex-Haut Potentiel ou futur Ex?

Patrick M. a 50 ans, il est l’un de ces cadres que l’on a désigné HP (Haut Potentiel) puis que l’on a rangé dans une activité où il excellait pour ne plus en sortir. Cela fait 15 ans qu’il travaille dans ce groupe mondial de cosmétiques.

15 ans jusqu’au changement de président de la filiale dans laquelle il dirige une part importante des opérations. Alors Patrick est amer aujourd’hui. Son DRH vient de lui annoncer que l’on à plus de poste pour lui dans le cadre de la nouvelle organisation par pays. Il y a bien de nouvelles perspectives, notamment au siège, mais on a préféré placer untel, plus proche du nouveau pouvoir.

« Et à Pékin? lance-t-il. Après tout je peux m’adapter, mon épouse est chinoise et je suis mobile. Je pourrais faire profiter le groupe de mon expérience dans la mise en place de nos nouveaux sites sur la zone Asie ? Je suis prêt à examiner toutes les pistes dans cette réorganisation par zone.
-Je suis désolé Patrick, mais on n’expatrie pas quelqu’un comme toi. On trouvera plus facilement un chinois pour faire ton métier en Chine. Et moins cher. Non, et puis il n’y a plus consensus aujourd’hui sur ta candidature à aucun poste en interne dans le cadre de cette réorganisation ! » 

Retrouver ses repères.

Alors que faire lorsqu’il n’y a plus d’élan pour notre travail ? Si nous ne posons notre attention seulement sur tout ce qui ne va pas, nous mettons beaucoup de soin à nous construire une vie malheureuse. C’est notre liberté de le faire. Il est pour autant possible de regarder attentivement ce à quoi contribue notre travail dans notre vie. Et de choisir objectivement ou non de le poursuivre pour ce qu’il nourrit dans notre vie.

Avec 20 ans de différence d’âge, Suzan comme Patrick vivent tous les deux des situations difficiles et peu en rapport avec leurs aspirations en début de carrière. Tous deux se disent que leurs attentes par rapport au travail ne sont plus audibles.

Etre heureux au travail est-il devenu un rêve inaccessible?

Une partie de la réponse réside dans le rapport que chacun entretient avec son travail. Que mettons-nous dans notre travail ? Le sens de notre vie ? La joie de contribuer à un projet dont les enjeux sont hors normes? La découverte de nouvelles perspectives de développement personnel? Le sentiment rassurant de nourrir son besoin de sécurité matériel pour soi et sa famille ? La satisfaction d’être reconnu comme professionnel de notre domaine ou de notre secteur ?

Ce n’est pas notre travail qui nous rend malheureux, c’est ce que nous y mettons comme attente.

Le travail, certes, peut remplir un certain nombre de celles-ci. Le piège que nous nous construisons, est d’imaginer que c’est le seul moyen, la seule « stratégie », la seule solution disponible pour nourrir nos besoins.

Nous confondons bien souvent le travail et l’argent qu’il procure, et nous sommes terrorisé de perdre le second si nous ne nous comportons pas comme attendu dans le premier.

Cela nous coupe de notre authenticité. Nous nous faisons violence à nous-même en acceptant de subir une situation devenue insatisfaisante. Parce que nous n’osons pas exprimer -sans violence- ce qui se passe pour nous, nous imaginons que le travail (notre collègue, notre équipe, notre patron, notre partenaire) va deviner tout seul nos besoins.

Besoins de latitude, d’autonomie, de reconnaissance, de partage, de dialogue…, nous avons des dizaines de besoins. Légitimes. Et l’organisation a également des besoins. Les reconnaitre et les entendre et en même temps s’autoriser à exprimer les nôtres, c’est bien se donner une chance d’être entendu… et de commencer à envisager ensemble des solutions remplissant les besoins de l’un et de l’autre, dans le respect de l’un et de l’autre.

Et vous?

Quelles attentes mettez-vous dans votre relation au travail ? Arrivez-vous facilement à dire « non » dès que vous ressentez le besoin de l’exprimer ? Comment avez-vous évité d’arriver dans les situations vécues par Suzan et Patrick ?

@StephaneLoiret

Stéphane Loiret – Aout 2013

Comment mobiliser l’intelligence collective ?


Olivier d’Herbemont à Paris Dauphine le 13 juin 2013,
Club Management et Développement Personnel

Notes de conférence

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Olivier D’Herbemont, 58 ans, est Président Fondateur du cabinet Belle Aventure. Spécialiste de la transformation des organisations, il est intervenu le 13 juin 2013 au sein du Club Management et Développement Personnel, en ayant pour actualité la sortie de son dernier ouvrage « Booster l’Intelligence Collective » (Armand Collin).

Dans l’interview de préparation de cet évènement, nous avons été séduits par l’approche innovante et le propos stimulant qu’il tient au sujet de la mobilisation de l’intelligence collective.

Vivre la transformation de l’organisation comme une aventure humaine, c’est l’objet de ce temps de partage que nous tentons de restituer ici.

Comment faire pour mobiliser, créer un mouvement collectif ?
Comment se manifeste la dynamique de l’intelligence ?

« Toute mobilisation repose sur des acteurs. La technologie en elle-même ne repose que sur des acteurs.Il s’agit de s’intéresser à l’architecture collaborative des organisations.

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Les acteurs peuvent se définir à travers le diagramme du modèle socio-dynamique, sorte de marketing social qui stipule que vous aurez un comportement différent selon votre positionnement entre synergie / antagonisme.

Ce qui fait que l’on bouge c’est que l’on espère être reconnu si l’on fait tel acte.

Comment fait-on pour élargir le cercle des alliés ?

Le désir et l’engagement sont les ressorts les plus probants de cette mobilisation.Le concept d’Architecture est énorme; ce qui fait qu’une organisation est intelligence c’est qu’elle a une architecture collaborative.

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Le QI seul ne permet pas de prédire la mobilisation adéquate face à une situation.

Une organisation s’organise toute seule.

Les modèles de « direction » classique, est inopérante dans une organisation. Le point de vue systémique sur les organisations permet d’envisager de stimuler l’intelligence de cette organisation : engager les acteurs (synergie=+3).

Le modèle de l’aventure est une forme éprouvée pour stimuler l’architecture vers la collaboration.

Il n’y a pas d’organisation sans hiérarchie.

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Il y a des raisons systémiques à cela. Lorsque vous travaillez dans un journal, certaines grandes plumes « doivent » être directeurs. En réalité elles ne dirigent rien du tout. Le fait d’être hiérarchique donne du pouvoir sans donner de contraintes dans les organisations en effondrement.

Le rôle fondamental d’une organisation est de veiller à la survie de ses membres.

Le modèle de l’aventure est intéressant parce qu’il dépasse les croyances intra culturelles. Le dirigeant est inspirant à partir du moment où il est animé par le désir de survie de l’ensemble. Il est un modèle universel.

La méthode consistant à mettre plus de contrôle est génératrice de stimulation mais infiniment plus coûteuse.

Dans les systèmes qui fonctionnent, le respect témoignés à ceux qui quittent l’organisation fait sens dans l’effort de mobilisation.

L’individualisme est à l’opposé de la pensée constructiviste.

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La manière dont fonctionne un groupe restreint est différente de groupes plus larges. Il y a des modes de faire qui se rapportent à la connivence; c’est la dynamique des groupes restreints.

« Effondrement » montre comment une communauté peut adopter des croyances qui vont l’entraîner à sa perte.

L’architecte comme le conteur, donne des scénarios qui permettent aux autres de vivre leurs rôles.

Lorsque les acteurs adoptent les histoires et représentations proposées par l’architecte, ils les adoptent parce qu’ils reçoivent des signes de reconnaissance et d’appartenance.

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La solidarité est un phénomène émergent.

Ce qui fait organisation c’est le mouvement collectif.

Lorsque les représentations collectives sont inopérantes il s’agit de mettre en action les acteurs à travers d’une structure dans laquelle l’envie peut émerger. Les acteurs peuvent jouer le rôle de héros.

Les héros doivent être les « actants » ceux qui doivent se transformer.

Les consultants ne sont pas les héros, ils doivent changer de posture : d’expert (« je t’explique ce que tu dois faire ») à magicien (relation d’aide). Ne pas gêner le héros dans son action.

La moitié des transformations consiste à mettre à la porte 1 partie des effectifs.
Cela pose 2 problèmes. Celui des gens qui sont à la porte et qui sont détruits. Celui de ceux qui restent. Et qui se sentent aussi détruits.

L’architecture collaborative des organisations offre un cadre pour la mobilisation des actants où chacun peut trouver son rôle dans l’aventure qui se joue, et participer dans ce collectif intelligent à la survie du tout et la réussite de la transformation. »

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@StephaneLoiret

Stéphane Loiret – July 2013

Comment booster sa visibilité sur LinkedIn?


Comment gagner en visibilité sur LinkedIn?

linkedin-em-lyon.jpgC’était le thème de la conférence de Vincent Giolito, Président de Nouvelle Carrière, mardi 4 juin avec les alumni de l’EM Lyon. L’occasion de présenter l’impérieuse nécessité rédiger avec un grand soin votre profil sur LinkedIn. Je partage avec vous les quelques notes prises pendant la conférence.

LinkedIn, créé en 2003, compte près de 250 millions de membres

après 10 ans d’existence. Après celle des adhérents, c’est la courbe des usages qui est en pleine croissance aujourd’hui. Les entreprises utilisent LinkedIn de manière exponentielle.

Mais pour les candidats, il y a un inconvénient: si vous êtes une star dans votre réseau, vous êtes encore moins repérable sur LinkedIn que sur Cadremploi. En juin 2013, il y a 400.000 CV sur Cadremploi, 4 millions de profils Linkedin en France!

N’oubliez pas que LinkedIn est d’abord un outil pour les recruteurs!

C’est « le plus grand pool de talents du monde » dit Vincent Giolito.

LinkedIn n’est pas seul. Viadeo a un nombre de membre de 6 a 7 millions en France mais LinkedIn a pris le leadership sur la segmentation internationale pour cadres supérieurs. En Allemagne, il faudra s’intéresser à Xing.

Comment se servir de LinkedIn?

D’abord par la recherche. Les pages carrières de LinkedIn permettent de lancer des recherches avancées sur les entreprises qui recrutent. Les pages entreprises recèlent également beaucoup d’information sur les mots clés qui vont faire sens pour votre propre recherche.

Lors de la recherche d’entreprises pour lesquelles nous pensons avoir un projet qui fait sens, on peut agir sur le classement de présentation de la sélection et par exemple par nombre de personnes abonnées pour faire remonter des noms auxquels on n’aurait pas pensé.

Comment améliorer un profil?

Apprenez à juger les profils que vous voyez: qui embaucheriez vous? Faites pareil. Comme mots clés, utilisez en particulier des noms propres. Tout ce qui est Six Sigma, SAP, Oracle, Java, ou les marques pour lesquelles vous avez travaillé même en tant que prestataire, ce sont des signes distinctifs de votre profil. C’est bon pour la qualité de référencement de vos mots-clés.

Dans le titre, précisez votre valeur ajoutée, surtout si votre fonction ne permet pas de vous différencier. Vous pouvez indiquer votre projet, mais citer votre expérience est plus efficace.

Tout ce qui a une pertinence clé doit être répété plusieurs fois,

idéalement sous des formes différentes. Mentionnez non seulement « CFO », mais aussi « DAF » et « directeur administratif et financier ». Préférez la mention des expertises (évènementiel, grands comptes etc…) plutôt que « 15 ans d’expérience dans le conseil », trop générique. (*)

Et vous quels sont vos conseils ?

Stéphane Loiret – June 2013

(*) Et pour aller plus loin, Vincent Giolito anime un atelier pratique le 19 Juin 2013, qui vous permettra d’avoir votre profil au top !

Is your job about this ?


Is your job about this

When did you dream the life you live?

Doing a job we love and loving doing it, that’s a dream life scenario for most of us. Barriers that we set to prevent us from this dream-life are sometimes reasonable, sometimes just not; it’s there to feel comfortable. Comfortable not to carry on our choices. Because making choices and acting accordingly is making us uncomfortable sometimes, and it may be painful in some extent. Doing things because we always have done them is comfortable, and we don’t like to change. Rat race life is also comfortable. We complain and we don’t make the step change to stop it. Is it because these habits make us feel part of a community? admired by others, having the same life? It’s our choice. Being free is not always comfortable… And at the same time, doing what we love doing, is making us fulfilled. We don’t feel « working » anyway. We live in line with what makes sense to our life. Why is it so difficult to let us dream our life? 

I read this in the Metro : « Humans have two lives. The second life, starts when we get the awareness this one is the only one. » Confucius.

Et si nous autorisions le rêve à entrer dans notre vie? 

Faire le travail que l’on aime et aimer ce que l’on fait reste un rêve pour beaucoup. Nous avons souvent davantage de marges de manoeuvre et de choix que nous ne nous autorisons à penser. Faire d’autres choix c’est aussi parfois moins confortable, nous pouvons perdre certaines habitudes qui rythment notre vie en automatique. Nous pouvons perdre parfois l’admiration ou la compréhension de certaines personnes que nous estimons. Vivre ce rêve de travailler en plein accord avec qui nous sommes, c’est se rendre compte que nous ne travaillons plus lorsqu’il en est ainsi; nous nourrissons pleinement le sens de notre vie. Et si nous autorisions le rêve à entrer dans notre vie?

Une citation lue dans le Metro m’a inspiré cet article:

« Nous avons deux vie. La seconde commence le jour où nous prenons pleinement conscience que nous n’en avons qu’une » Confucius.

Qu’en pensez-vous?

Stéphane Loiret – June 2013

Carte de visite et Networking, savoir-faire et faire-savoir.


cartes-de-visiteComme dirait Nabilla…

Marc vient d’avoir 49 ans. Il a quitté son entreprise en 2013. Et avant 2013 il n’avait jamais entendu parlé de Nabilla, ni des « Anges de la Téléréalité », jusqu’à ce jour…

Après avoir travaillé son projet, il commence sa prospection quelques semaines plus tard.

C’est lors d’un entretien avec Muriel (*) pour laquelle il avait travaillé quelques années auparavant, que la question arrive. « Dis-moi Marc, tu ne m’as pas donné ta carte? » Et Marc de répondre: « Eh bien… j’ai quitté mon poste depuis 6 semaines, alors je n’en ai pas ».

Et (cruelle-)Muriel de rajouter sur un air connu : « Allô ?…T’as pas de carte ?  Ch’ais pas vous me recevez ? T’es un pro, t’as pas de carte ? Non mais allô quoi ?… »

A l’heure des réseaux sociaux et du personal branding (image de marque numérique), la carte de visite reste un outil de communication indispensable de la vie réelle. C’est d’autant plus vrai lorsque l’on est en transition professionnelle.

Et comme suite logique de l’évolution des outils disponibles pour se faire connaitre, cet accessoire papier supporte mal l’amateurisme.

Voici quelques conseils de pros (distillés par Muriel) pour faire de votre carte un outil de communication efficace.

Cohérence avec le positionnement

Marc est désorienté. Lorsque l’on vous tend une carte de visite, que regardez vous en premier? le nom de la société, son logo, le titre de la personne qui vous la remet ?

« Ecoute Muriel, je n’ai plus de société, ni logo, ni même de fonction, est-ce que ça a du sens de poser mon nom sur un bout de carton ? La personne que je rencontre sait déjà comment je m’appelle puisque j’ai pris RDV avec elle ou je me suis présenté à elle. »

- Pfff… D’accord tu n’es plus Directeur Europe du Sud de la société Grand Groupe Industriel Européen. Mais tu as un métier! Tu as un secteur d’activité dans lequel tu orientes ta recherche, non ? Voire une spécialité géographique. Alors ça répond à la question « C’est qui ce Monsieur ? » que ne manquera pas de se poser la personne que tu rencontres! « 

Cultiver la sobriété

« Super : et je mets mon adresse perso comme cela ?

-Non Marc! A moins que tu ne veuilles inviter ton interlocuteur à la maison, çà n’a aucun intérêt. L’objet de la carte de visite c’est de te contacter facilement, pas de te rendre visite… Donc e-mail, et mobile. « Paris, France » à la rigueur, si tu recherches un poste avec localisation en région parisienne. Pas de fixe sauf si tu as un renvoi sur un secrétariat particulier ou sur ton mobile.

-Alors je ne mets pas mon profil Linkedin ou Twitter? Et mon Blog?

-Reste sobre, ton Blog sur ta carte n’a d’intérêt que si tu y exposes ton expertise pour laquelle tu souhaites te faire embaucher. Je ne suis pas fan des cartes ou s’alignent 4 ou 5 références aux réseaux sociaux. Choisis celui qui est le plus à jour et le plus régulièrement mis à jour avec du contenu de qualité. Sinon abstiens-toi!

-Mais alors il n’y a presque rien ?…

-…Et il y a l’essentiel pour marquer qui tu es et comment te contacter.

Et la forme ?

-Mais, hésites Marc, comment faire pour que ma carte reste assez efficace pour ne pas être rangée dans un tiroir immédiatement après ?

-Tu ne pourras pas éviter qu’elle finisse dans un tiroir. Tu peux néanmoins faire en sorte qu’elle resurgisse dès que possible de la mémoire de la personne qui la reçoit lorsque cela fait sens par rapport à ton projet. Là encore tu apparaitras comme un pro avec quelques précautions de forme: sobriété et à-propos valent plus que l’originalité trop décalée. Reprends les codes employés dans ta profession ou les sociétés du secteur que tu vises (encre, typographie, format de ta carte, qualité et poids du papier). Si tu utilises un Recto Verso, l’image du Recto doit apporter quelque chose à la compréhension de ton projet. J’ai vu aussi des cartes avec incrustation d’un QR Code. C’est bien vu si le lien attaché ramène vers du contenu qui fait du sens par rapport à ton projet. Veille dans ce cas à indiquer le lien en clair sur ta carte également. »

Convaincu, Marc a commandé en express ses nouvelles cartes de visite chez un prestataire internet bien connu. Il a choisi une carte Recto/Verso lui permettant de formuler son titre en Anglais et en Français  pour être cohérent avec son profil international.

Votre avis intéresse les personnes en transition. Avez vous un exemple de pratique qui rende une carte de visite efficace ? Avez-vous des exemples de cartes inappropriées ?

Stéphane Loiret – Mai 2013

(*) Les noms ont été modifiés

Réussir son intégration (3) : le temps de l’action


batirGiorgio(*) réfléchit.

Cela fait 6 semaines qu’il a pris son poste de Directeur France pour sa société italienne.

Tout comme Myriam il a passé du temps à se faire connaitre. A la différence de Myriam, son poste est très exposé à l’extérieur de la société. Il a dû apprendre à découvrir et l’intérieur de l’entreprise, et son environnement extérieur en un temps record.

Giorgio est du genre dynamique. Son moteur à lui c’est l’action. Et si possible, de l’action avec des enjeux importants. Alors il est aisé de comprendre que pour lui cette intégration c’est déjà un enjeu en soi.

La pression?

Il l’a dès le premier jour en prenant le destin de cette filiale française d’un groupe international. Et il était tentant pour lui de lancer des actions rapidement. Néanmoins, il a pris soin de prendre des contacts avant de prendre des décisions qui engagent la société sur plusieurs années. Les premières semaines, il a tissé des liens avec plusieurs dizaines de fournisseurs, distributeurs et acteurs économiques de sa nouvelle région.

Les actions lancées?

Uniquement les priorités qui nécessitent une décision immédiate.

Il a commencé à lancer les recrutements des collaborateurs dont il a besoin très prochainement. Il a aussi conclut les négociations les plus engagées avec ses distributeurs. Et dès qu’il est au siège en Italie, il prend le temps de rencontrer peu à peu, ses interlocuteurs clés dans l’entreprise; son patron, ses pairs, ses collègues du comité de direction, et les collaborateurs des fonctions support avec lesquels il établit la filiale.

Du terrain, dans l’essentiel et les priorités. En évitant de se noyer dans l’action il évite ainsi de s’éparpiller et gagne une bonne première impression auprès de ses interlocuteurs.

Entretenir l’effet « heureuse surprise ».

Le détail qui a surpris positivement, c’est qu’il s’est assuré que ses premières demandes soient réalistes, concrètes et précises, et au présent; « voulez-vous bien m’aider à monter une rencontre avec M.Untel dans le courant de ce mois », « vous est-il possible de me remettre ces données pour la semaine prochaine ? » En restant positif, ouvert, il a aussi permis à ses collaborateurs de contribuer à son intégration et d’établir un lien de confiance avec lui.

Cette heureuse surprise, l’effet « wow » en quelque sorte, se retrouve dans les premiers résultats. Giorgio a déjà connu l’échec après s’être laissé enfermer dans des objectifs impossibles à tenir. Cette fois-ci, petite victoire après petite victoire, il est au rendez-vous… et même avec un peu d’avance sur ce qui était attendu!

Stéphane Loiret – Février 2013

(*) Les noms ont été modifiés

Réussir son intégration (2) : la relation avant l’action


réussir son intégration blog stéphane loiretLES PREMIERS TEMPS
Myriam vient de prendre son poste depuis 21 jours. Bien qu’elle n’ait pas changé d’entreprise, elle vient de faire ce qu’elle n’avait jamais fait dans ses précédentes prises de poste. Myriam a activement préparé, implanté et suivi son propre plan d’intégration. Et celui-ci lui a permis d’identifier les 35 personnes prioritaires avec lesquelles nouer une relation était critique dès les premières semaines.

Il s’agit de toutes les personnes avec lesquelles elle va interagir dans son métier: ses hiérarchies fonctionnelle et opérationnelle, ses collaborateurs, ses futurs clients internes et les personnes ressources qu’elle devra probablement solliciter dès les premiers dossiers à porter.

Plus subtilement, elle prend soin de tenir informées les personnes « référantes » qui peuvent avoir un rôle de collecte d’appréciation sur sa manière d’être et de tenir son rôle (DRH, personne de grande ancienneté dans la division, N+2, certains pairs et certains collègues de son propre patron).

REVISITER LES IDEES RECUES
Myriam fait cela car elle a pris conscience de 3 vérités qui se sont imposées comme un choc.

La première, c’est que 6 années d’ancienneté ne garantissent en rien qu’elle sera acceptée dans son nouveau rôle plus facilement qu’un candidat recruté de l’extérieur.

La seconde, c’est que l’état de grâce, quand il existe, ne dure plus 100 jours comme au siècle dernier.

La troisième c’est qu’il est rare de perdre son poste ou de devoir le quitter par manque de compétence. Cela arrive, mais vous quittez ou perdez votre job le plus souvent parce que vous n’avez plus de sponsor pour défendre votre légitimité à un moment donné. Votre patron change, vos pairs sont indifférents, aucun client interne ne se manifeste pour déclarer vos qualités, les personnes ressources n’ont pas plus de plaisir à travailler pour vous que pour un autre… et vous êtes effacée de la liste des personnes clés de l’entreprise, puis des personnes utiles.

PRENDRE DU TEMPS POUR EN GAGNER
Alors depuis 21 jours, Myriam a pris contact et rencontré en tête-à-tête ou en vidéoconférences, toutes ces personnes. Seules. Pendant 30 à 45 minutes voire 1 heure pour certaines.

Elle a pris 5 à 10 minutes pour parler d’elle et accueilli la parole de ses interlocuteurs et échangé le reste du temps.

Avant (lorsqu’elle n’avait jamais perdu son job), elle rencontrait aussi ses collaborateurs mais dans un mode « utilitaire », sans prendre soin de la qualité de la relation, uniquement des aspects techniques de la collaboration. Et puis en bon soldat, en bon directeur, elle s’appliquait à démontrer sa valeur en se plongeant tête baissée dans les dossiers pour vite « délivrer » du résultat.

« Ce qui change, c’est que je reçois bien plus sans attendre quoique ce soit. Les gens sont tellement heureux de partager un moment vrai, ou nous laissons de la place pour la qualité de la relation, que je reçois beaucoup de gratitude. Je suis surprise d’aller plus vite à connaitre plus profondément l’organisation et ses codes par ces échanges. Et je peux quelques jours après compter assez naturellement sur de nombreux conseils, et sur autant de ressources et personnes qui sont heureuses de s’associer sur mes premiers dossiers. »

Je suis heureux pour Myriam qui réalise qu’à l’heure des échanges électroniques, une poignée de main vaut toujours bien plus qu’une poignée de clics. Je réalise aussi à quel point la relation ne s’oppose pas à l’action.

En accordant ainsi son attention à cette relation, Myriam nourrit ses actions d’un autre esprit.
Et je veux croire que les fruits récoltés seront plus nombreux et plus variés. Et d’une autre saveur.

Pendant ce temps, petit à petit Giorgio aussi fait son nid. À suivre…

Stéphane Loiret – Janvier 2013

(*) Comme dans tous les articles du Blog, les noms des personnes ont été changés.
Credit Image : FreeDigitalPhotos.net

Réussir son intégration (1): les premiers pas


20130105-231345.jpg BIENVENUE !
Trouver le job rêvé depuis un certain temps, et pour lequel on a entrepris une démarche de transition, procure une joie immense.
Cela peut paraître évident, mais réussir son intégration est primordial pour pleinement réussir dans le poste ensuite, et avoir le plaisir de s’y exprimer avec tout son talent.

Je vous propose de partager ici le premier d’une série de plusieurs billets, l’histoire de 2 personnes qui ont accepté de faire de leur propre vécu, un témoignage qui pourra en aider d’autres à vivre mieux cette expérience.

Et pour évidents qu’ils puissent paraître, certains des points qui vont suivre n’en sont pas pour autant aussi simples à mettre en œuvre.

UNE ETAPE INCONTOURNABLE QUELQUE SOIT LE SECTEUR D’ACTIVITE OU LE METIER
Giorgio est un professionnel de l’industrie agro-alimentaire; son parcours il l’a construit dans les fonctions commerciales et marketing puis en direction générale. Il a 46 ans, il est d’un naturel plutôt optimiste, et prend les nouveaux challenges avec un certain plaisir.

Myriam a aussi 46 ans. Son parcours à elle c’est plutôt l’industrie lourde et la construction, directrice dans les achats et les opérations industrielles. Myriam n’est pas à l’aise avec l’incertitude et ça tombe bien car elle est particulièrement efficace en planification et en gestion.

Giorgio et Myriam, ne font pas les mêmes métiers et ne se connaissent pas. Et en même temps ils ont un point commun (en plus de leur âge) : ils viennent tous les deux de démarrer un nouveau poste le 3 janvier.

Voilà une belle façon de très bien commencer l’année… d’autant plus, qu’ils ont tous les deux perdu leur précédent emploi en 2012.
J’ai rencontré Myriam alors qu’elle avait dû quitter son poste à la suite d’une réorganisation. Elle s’est vu proposer une autre opportunité interne après 5 semaines d’incertitude où la crainte de devoir quitter son groupe était très présente.
Giorgio lui était sans employeur depuis 7 mois et a travaillé son projet avec son coach.

D’ABORD: ETRE AU PRÉSENT, TOURNER LA PAGE QUI S’OUVRE
La prise d’un nouveau poste est la plupart du temps un évènement heureux; c’est le symbole de fin de la période de recherche et d’attente. Et en même temps, autant Giorgio que Myriam m’ont indiqué le stress que pouvait engendrer cette phase d’intégration pour eux.
Chacun y va avec ses points forts mais les deux ont décidé de porter une attention particulière à cette période.

Et la première décision de Giorgio, c’est d’être au présent.

Il va être basé à Paris comme Directeur Général France du groupe Italien qui vient de l’embaucher, alors son compte LinkedIn est déjà mis à jour. Il s’adapte à une vitesse remarquable, et sa communication externe s’adapte aussi. Sachant qu’il doit embaucher une douzaine de collaborateurs dans les 6 prochains mois, il veut que son profil sur les différents sites, soit visible dès le 3 janvier, cohérent avec la mention de ses nouvelles responsabilités.
Il n’est plus en recherche, par conséquent il informe courtoisement ses réseaux qu’il prend un nouveau poste. Qu’il les tiendra bien entendu au courant de son évolution.
Il remercie aussi tous ceux qui l’ont aidé dans sa phase de transition jusqu’à rencontrer cette opportunité favorable.

Myriam partage la démarche mais se donne quelques semaines avant de remettre son profil à jour. Sa priorité à elle c’est de faire un plan.
(à suivre)

Stéphane Loiret – Janvier 2013

(*) Comme dans tous les articles du Blog, les noms des personnes ont été changés.
Credit Image : FreeDigitalPhotos.net

Happy New Job ! Ou comment l’authenticité conduit à l’enthousiasme.


Wishes Blog Stephane Loiret 20132012 fut l’occasion pour nombre d’entre vous de vous poser des questions sur l’évolution de votre situation professionnelle. Certains ont déjà du partir sur une mobilité en interne ou quitter l’entreprise qui les employait. D’autre ont pu choisir de prendre un temps de réflexion et de mettre un projet de développement au clair.

Ce fut aussi le cas, vous vous souvenez peut-être, de Xavier, Pierre ou Claire dont nous avons partagé l’histoire dans les pages précédentes. Tous les 3 ont concrétisé leurs souhaits de retrouver plus rapidement un projet professionnel plus enrichissant ou plus en accord avec leurs aspirations.

Et tous les 3 ont eu l’épineuse question de trouver leur valeur ajoutée, ce qui les différenciait de l’immensité des cadres et dirigeants en recherche qui exercent le même métier parfois dans le même secteur.

Tous y sont parvenus. Et l’outil qui leur a permis cela est gratuit, disponible mais très difficile à actionner pour la plupart d’entre nous: c’est leur propre authenticité.
Et c’est difficile pourquoi ? Parce que notre éducation, formation, insertion professionnelle, nous a surtout appris à être « gentil(le)s » et à nous fondre dans le prêt à penser et le politiquement correct.
De peur…de ne pas être accepté(e)s, nous avons parfois peut-être décidé d’accepter ce qui ne nous convenait pas vraiment. Ah, la difficulté de dire non…

Freinés par nos peurs d’apparaître tels que nous sommes, de dire ce que nous aimons vraiment, de nous estimer avec nos limites et nous accepter tel quel, nous nous privons de trouver en nous-mêmes  ce qui fonde aussi nos véritables qualités distinctives. Ce travail sans jugement sur soi est un puissant accélérateur pour déterminer ce qui nous plait vraiment et voir lucidement les réalisations dont nous sommes fier(e)s.

Ce travail de vérité sur soi a un deuxième effet bénéfique: il nous permet de toucher nos aspirations profondes et conduit plus facilement à un projet que nous portons avec enthousiasme.

Un candidat enthousiaste et compétent, fera toujours la différence avec un candidat juste compétent. Et ce qui fonde l’enthousiasme de chacun est aussi unique qu’un signe distinctif.

Stéphane Loiret – Décembre 2012

#Management 2.0, influencer n’est pas manipuler


20121201-014121.jpgQualité recherchée, l’influence devient un ingrédient majeur du style de management des dirigeants des années 2010.

La génération Y ne veut pas se contenter d’exécuter des décisions, faire appliquer des processus sans être intimement convaincue du sens des actions proposées.

Une perception ambiguë ?

Le terme anglais « to influence » a une connotation positive que son cousin français ne porte pas toujours aussi clairement.

Nous n’aimons pas lorsque quelqu’un cherche à nous influencer, et pourtant nous cherchons à avoir cette influence lorsqu’un projet nous tient à cœur et que nous avons besoin d’adhésion collective à notre initiative.

Etre perçu comme un(e) dirigeant(e) influent(e) nourrit notre estime de soi. Que le mot « manipulateur/manipulatrice » soit lâché, et nous perdons tout crédit. Ou se situe la frontière? Nous arrive-t-il de manipuler notre auditoire inconsciemment?

Je ne le crois pas.

Nous sommes responsables de nos actes et de nos décisions. Et nous pouvons clairement identifier ce qui ce passe en nous lorsque nous voulons partager une idée, un projet, ou recueillir un avis sur une orientation.

C’est essentiellement notre intention
… qui fait la différence entre influence et manipulation.

Si nous abordons l’autre en ayant l’intention de lui faire prendre la décision qui nous convient, nous sommes probablement enclin à user de manipulation pour arriver à nos fins.

Si en revanche nous sommes dans une intention d’échange authentique et que nous ne préjugeons pas de la meilleure décision que peut prendre l’autre, alors c’est tout différent.
Le conflit de solutions n’est pas un conflit de personnes.

Si l’intention était de faire adopter notre solution par l’autre, et que celle-ci ne lui convienne pas, il y a fort à parier que le sentiment qui va dominer sera très différent. Probablement ressentirons-nous de la frustration, mais aussi de la colère contre l’autre.

Et nous avons tort.
Tort de penser que seule la solution que nous imaginons remplit le besoin sous-jacent que nous avons. Car à un besoin peuvent correspondre d’innombrables stratégies. En nous enfermant dans nos croyances ou notre stratégie, nous nous coupons de nos besoins réels.

Bien se connecter à nos besoins sous-jacents.

C’est la clé pour être, ici et maintenant, pleinement conscient de ce qui se joue pour nous. Et c’est la clé pour être disponible et ouvert à l’écoute de l’autre dans sa différence. Manipuler, c’est exercer le pouvoir SUR l’autre (voire à son détriment), influencer c’est AVEC.

Et nous devenons influent(e)s en étant d’abord en accord…avec nous-même !

Stéphane Loiret – Novembre 2012

Ceci est une priorité pas une urgence


ImageLa vie est une urgence
Tom(*) travaille depuis 6 ans aux urgences de l’hôpital Necker à Paris. Je lui ai demandé comment il parvenait à garder son sang-froid alors que ce matin-là le ballet des ambulances amenait urgence sur urgence dans son service. Comment avec un effectif limité répartir efficacement les actions à faire pour traiter toutes ces souffrances ?

« Malgré les apparences, il n’y a eu qu’une seule « vraie » urgence ce matin Stéphane. Un seul cas vital. Et nous avons sauvé cette vie ! Aucun des autres cas, aussi difficile que peut être la souffrance à supporter, ne constituait une urgence au sens vital. On évalue les patients selon un degré plus ou moins important de « priorité » sur lequel nous nous accordons en fonction de plusieurs critères d’évaluation: évolution probable de la situation, ressources disponibles du patient pour y faire face, complications à craindre. Cela nous permet bien de traiter tout le monde, avec un degré d’attente qui dépend du diagnostic vital plus que de l’ordre d’arrivée. Nous gardons le maximum de flexibilité pour intervenir sur le vital en premier lieu. »

La dictature de l’urgence
Ces paroles pleines de bon sens m’ont ramené brutalement à la réalité.

Pourquoi ne pas appliquer ce principe dans la gestion de notre agenda de vie ? Dans la vie professionnelle, que nous soyons dirigeant ou employé, il est fréquent d’entendre des instructions frappées du sceau de l’urgence. Et parfois, plusieurs fois par jour ! Se rappeler que rien d’autre que la vie n’est urgent, peut permettre de faire le tri des différentes injonctions. N’y a-t-il pas parmi toutes les taches de notre « To Do List », des cas ou nous nous enfermons un peu vite dans des dates non « vitales » ? Sans consulter notre disponibilité intérieure. Nous accumulons ainsi du stress inutile et baignons dans l’inconfort et la culpabilité de ne pas nourrir d’autres aspirations de vie.

Parce que nous n’osons pas dire non. De peur du conflit, d’être mal jugés, de gêner, nous nous racontons que c’est mieux ainsi. Nous nous épuisons ainsi sur des fausses urgences en limant progressivement notre axe de vie. Nous consacrons moins de temps à nos proches, nos passions, nos autres engagements. En agissant ainsi dans l’urgence nous nous privons de deux choses essentielles pour une performance durable :

L’attention à l’autre
Cela commence par dire que nous comprenons ce qui est important pour l’autre et en même temps partager ce qui est important pour nous. Le « non » peut ainsi être une invitation au dialogue. La solution imaginée ne nous convient pas en l’état ? Réarrangeons les priorités ensemble. Il y a de fortes chances que la qualité du lien en ressorte renforcée. Un tel échange nourrit l’authenticité et la confiance mutuelle.

L’attention à soi
Ensuite parce que nous nous respectons en agissant ainsi. Nous préservons l’espace nécessaire à notre équilibre. Nous gardons cette balance naturelle qui fait de nous des êtres heureux tant au travail qu’en dehors du travail. Cet équilibre, parce qu’il est vital, ne devrait-il pas être notre urgence… si nous ne lui avons pas accordé la juste priorité auparavant ?

(*) Le nom a été changé.

Stéphane Loiret – Novembre 2012