Le cadeau nourrit l’amitié, l’attention nourrit le réseau.


Gifts - three presentsC’est bien connu, l’intention compte parfois plus que le geste lui-même. Dans le monde professionnel, la qualité de nos échanges avec les membres de notre réseau dépend du soin que nous-mêmes y apportons mais aussi de notre intention.

Lorsque nous sommes invité chez des amis, les cadeaux que nous offrons, entretiennent un lien codifié. Nous avons plaisir à nous revoir, à faire plaisir par notre cadeau, et en même temps nous offrons bien parfois parce que c’est poli, parce que c’est témoigner de la bonne éducation au-delà de notre élan amical bien réel. Il y a une sorte de réciprocité implicite, dans l’attente des témoignages d’amitié, qui participe à conforter dans le temps cette relation.

La différence dans la relation de réseau c’est qu’elle n’est pas basée sur le donnant-donnant d’une personne vis-à-vis d’une autre personne.

Il n’y a pas d’attente. Car le cadeau que vous faites et que l’on vous fait, c’est d’abord la qualité de présence offerte. Comme le rappelle souvent Hervé Bommelaer, si vous avez sollicité un RDV ou que vous êtes contacté, la clé d’ouverture de la relation (au-delà de la préparation) c’est le nom de la recommandation. Le don que vous faites dans un réseau n’attend pas de retour de la personne ou du groupe auquel il s’adresse. Il est gratuit. Sans autre intention que la qualité de la relation.

Le soin et l’attention Be-Presentque vous portez à la demande de l’autre dans une relation réseau, le don de votre temps et de ce que Seth Godin nomme le don gratuit de votre « art », vous fait déjà recevoir avant toute autre forme de relation « commerciale ». Quoi de plus gratifiant que d’avoir permis à l’autre d’avancer dans son projet, de le rapprocher de son aspiration, de retrouver de l’élan ?

Cette attention, parce qu’elle est gratuite et sans attente sur l’autre,  nourrit celui ou celle qui donne autant que celui ou celle qui reçoit au sein du réseau. La personne qui a permis cette rencontre, en vous recommandant celui ou celle que vous rencontrez, remplit elle aussi sans doute plusieurs besoins tout aussi universels: échange, écoute, reconnaissance, besoin de contribuer, besoin d’être utile.

Quel cadeau !

Stéphane Loiret – Sept 2015

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C’est quoi être efficace en Réseau ?


Lorsque Mathilde (*) apprend qu’elle va perdre son poste après 18 ans de vie professionnelle sans histoire, et quitter son entreprise en Juin 2012, elle sait qu’à 42 ans il lui sera indispensable de faire fonctionner son réseau professionnel pour rebondir.

Au nom de l’efficacité, la course de relais commence ! Ses proches, les gens qui l’aiment bien et ceux qui voudraient bien l’aider, lui prodiguent conseils et contacts à prendre. Elle entend que « beaucoup d’autres sont dans le même cas, ce n’est pas si dramatique ». Parfois : « qu’as-tu fait pour te mettre dans cette situation ? ». Et souvent qu’avec « ses diplômes et sa carrière brillante [on] ne s’inquiète pas, c’est certain qu’elle parviendra à se repositionner ».

A divers degrés il nous est tous arrivé de recevoir ces types de messages, qui minimisent ce que nous vivons ou qui questionnent et conseillent « pour notre bien ».
Alors que Mathilde a besoin d’écoute, de présence et d’attention, ces messages ne créent pas vraiment le lien entre elle et ses amis.
Il nous arrive aussi de nous exprimer comme le font les proches de Mathilde, par « gentillesse », c’est une posture relativement habituelle. Il est probable que nous ressentons également de la frustration de ne pas savoir l’aider.

Et Mathilde, ressent la même frustration. Elle sait tout cela, mais ce dont elle a besoin pour le moment, c’est de soutien et de compréhension pour l’épreuve qu’elle traverse. Son licenciement, c’est d’abord une rupture, et elle sent qu’elle a besoin de traverser le deuil de cette séparation. La force de Mathilde, c’est d’en être pleinement consciente, et de s’abstenir de se lancer dans des contacts avant d’être « au clair » avec elle-même. Comment espérer partager de la disponibilité avec notre réseau si nous négligeons d’être, auparavant, disponibles avec nous-mêmes ? Comment demander au relayeur de prendre efficacement notre témoin, si nous n’avons pas préparé notre départ.

Partir en « réseau », dans le cadre de sa recherche d’emploi, c’est un travail à plein temps. Avec ses règles : vérifier si l’autre est disponible, être conscient que la relation s’établit sur des bases de respect mutuel, de confiance, de générosité. L’autre vous donne du temps, de l’écoute, de la présence, des ressources avec de nouvelles pistes pour votre recherche. Tout cela parce que vous êtes recommandé. Pas par « piston », mais simplement parce que l’on vous attribue ces mêmes qualités.

« Charité bien ordonnée, commence par soi-même » dit le proverbe. Ce n’est pas une invitation à l’égoïsme, c’est retrouver naturellement le chemin vers soi qui va nous conduire à être disponible pour aller vers l’autre.

Et plus efficace en réseau.

Stéphane Loiret – Octobre 2012

 

(*) Le nom a été changé.

Bien-être et performance au travail


Bien-etre et performance au travail, par Stephane LoiretLe stress au travail est devenu ces deux dernières décennies un sujet de plus en plus brûlant. Sous la pression d’objectifs de plus en plus contraints, la souffrance psychologique s’est invitée dans le quotidien de nombreux employés, dirigeants et cadres intermédiaires.

Et pourtant, nous avons certainement le souvenir que chacune de nos épreuves remportées avec succès, chaque objectif rempli par nous-même ou notre équipe, a souvent été l’aboutissement de plusieurs jours, semaines, mois de mobilisation collective, d’efforts, et de difficultés inattendues.

Mais ce qui conduit au résultat, au-delà des talents et du travail nécessaire, comprend une part de motivation et d’enthousiasme collectif sans lequel rien d’exceptionnel ne peut surgir.

Plutôt que de chercher à éradiquer la souffrance uniquement par le « combat », l’annihilation des situations stressantes, le « moins de stress », il m’apparait autant au moins efficace sinon davantage de s’intéresser à construire cette motivation et cet enthousiasme individuel et collectif. Plus de bien-être au travail. Plus de bien-être c’est plus d’êtres « bien dans leur travail ». Je ne parle pas de mettre un spa en libre-service ou une salle de jeux (quoique…cela se pratique aussi), car cela sous-tend que c’est à l’organisation uniquement de veiller à ce bien-être.

Je pense que nous avons individuellement la responsabilité pour nous-mêmes, nos proches, nos collaborateurs, cette responsabilité de veiller à ce bien-être.

Et les ressources sont aussi multiples que les individus. Sont souvent gratuites et immédiatement mobilisables.

Prendre soin de l’emploi de son temps et de celui de ses collaborateurs (si je dirige un projet est-ce que les réunions peuvent se programmer au meilleur temps d’attention du groupe? puis-je éviter de mobiliser mes collègues après 17h?), donner du sens et de la visibilité sur les conséquences de ce que nous faisons (« nous ne taillons pas des pierres, nous participons à l’édification de la cathédrale »), donner du temps aux relations pour en gagner ensuite dans l’exécution, garder un espace de créativité pour certains contributeurs, rassurer par un cadre précis pour d’autres.

Toutes ces pistes peuvent contribuer à vous rendre plus heureux au travail, vous-mêmes comme vos collègues.

Le bien-être semble si loin du monde de l’entreprise, et pourtant à notre portée dès que nous ramenons cela à l’échelle d’une équipe, d’un projet. Chaque personne a ses propres ressorts de motivation, besoins de reconnaissance (pour lui-même, sa qualité de contribution, l’efficacité de son travail…). Il nous appartient aussi individuellement de les nourrir.

Si nous convenons qu’un employé motivé, déploie ses compétences en ayant la satisfaction de se sentir utile, de contribuer et de développer ses talents, alors oui, le plaisir au travail contribue directement à la performance.

Stéphane Loiret – juin 2012