Comment ré-enchanter notre relation au travail ?


En l’espace de 2 générations, notre rapport au travail a perdu le sens du « pourquoi ? » et celui du « pour qui ? ». La course à la performance, sur l’autel de la compétitivité, réduit souvent le travail des uns et des autres à « comment ? ». Comment faire plus en dépensant moins ? Comment faire mieux ? Comment faire marcher ceci ou réparer cela ?

Il est temps de retrouver le sens. Cette courte vidéo nous donne 3 pistes d’attention qui peuvent véritablement ré-enchanter notre relation au travail.

Stéphane Loiret – Avril 2015

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Vous êtes unique !


Alors soyez vrai
Je suis parfois perplexe lorsque je vois les efforts déployés par certains candidats pour se conformer à l’image qu’ils s’imaginent que l’on doit avoir pour le poste qu’ils convoitent. Sans aspérité, lisse. Avec un attachement obsessionnel pour gommer tout écart avec « l’idéal » qu’ils ont en tête.

C’est ignorer que dans bien des cas, la personne que vous êtes compte bien davantage que vos compétences démontrées, dans la décision de vous recruter.

Dites-le 
« Comment vous faites » compte autant sinon davantage que « ce que vous savez faire ». Si vous êtes responsable des achats dans des groupes industriels depuis plus de 10 ans, votre futur patron ne vous questionnera pas tant sur votre capacité à mettre des processus achat en place ou à les piloter. En revanche, il y a de fortes chances qu’il s’intéresse à votre « style ». « Quelle personne suis-je et pourquoi j’agis de cette manière ? », « en quoi c’est important pour moi ? », sont autant de questionnements qui vous aideront à vous démarquer.

Être vrai, lucide sur vos qualités, vos limites, votre façon de fonctionner, permet une bien meilleure qualité d’échange lors de vos entretiens. Et révéler cela c’est dire la personne particulière que vous êtes pour résoudre tel ou tel type de problématique.

Et vous, quel « comptable » êtes vous ?
« Oui, mais moi je suis simplement directeur comptable j’ai travaillé dans le contrôle interne » me dit récemment Véronique (*), 54 ans qui vient de perdre son poste dans une entreprise de service. « Je me demande bien en quoi je suis unique ? » ajoute-t-elle dubitative. C’est juste, si l’on s’arrête à l’étiquette de la fonction. Il y a sans doute des centaines de comptables a la recherche d’un poste de directeur dans la seule région parisienne. « Et quelques-uns qui ont plus de 50 ans » convient-elle.
Et en même temps, quelques minutes plus tard, lorsque Véronique explique avec plaisir son parcours et pourquoi elle a aimé mettre en place les processus de contrôle interne dans plusieurs groupe internationaux, qu’elle a intégré des équipes américaines et européennes autour de projets communs, qu’elle s’est passionnée pour les langues et que cela lui a servi pour travailler avec les filiales allemandes, italiennes et anglaises… alors oui on a la confirmation qu’elle est unique.

« Ce qui m’a plu c’est de faire du contrôle interne un moyen d’encourager de nouvelles façons de travailler, et générer des économies récurrentes ». Curieuse, pédagogue, ouverte aux autres et aux nouvelles technologies, Véronique dispense ainsi en quelques minutes l’image d’une personne positive et qui donne une vision de son métier de directeur comptable nettement plus large que l’intitulé qu’elle a choisi.

Votre valeur ajoutée    
Parler simplement de ce que vous avez « réussi avec plaisir ». L’entretien avec Véronique, m’a fait réaliser que c’est une des façons les plus simples de montrer votre unicité et de vous démarquer. Car au bout de ce plaisir, il y a une valeur ajoutée qui vient de la personne que vous êtes, de pourquoi vous avez fait des choix, de comment vous avez accompagné les décisions.

Stéphane Loiret – octobre 2012

(*) Le nom a été changé.

Bien-être et performance au travail


Bien-etre et performance au travail, par Stephane LoiretLe stress au travail est devenu ces deux dernières décennies un sujet de plus en plus brûlant. Sous la pression d’objectifs de plus en plus contraints, la souffrance psychologique s’est invitée dans le quotidien de nombreux employés, dirigeants et cadres intermédiaires.

Et pourtant, nous avons certainement le souvenir que chacune de nos épreuves remportées avec succès, chaque objectif rempli par nous-même ou notre équipe, a souvent été l’aboutissement de plusieurs jours, semaines, mois de mobilisation collective, d’efforts, et de difficultés inattendues.

Mais ce qui conduit au résultat, au-delà des talents et du travail nécessaire, comprend une part de motivation et d’enthousiasme collectif sans lequel rien d’exceptionnel ne peut surgir.

Plutôt que de chercher à éradiquer la souffrance uniquement par le « combat », l’annihilation des situations stressantes, le « moins de stress », il m’apparait autant au moins efficace sinon davantage de s’intéresser à construire cette motivation et cet enthousiasme individuel et collectif. Plus de bien-être au travail. Plus de bien-être c’est plus d’êtres « bien dans leur travail ». Je ne parle pas de mettre un spa en libre-service ou une salle de jeux (quoique…cela se pratique aussi), car cela sous-tend que c’est à l’organisation uniquement de veiller à ce bien-être.

Je pense que nous avons individuellement la responsabilité pour nous-mêmes, nos proches, nos collaborateurs, cette responsabilité de veiller à ce bien-être.

Et les ressources sont aussi multiples que les individus. Sont souvent gratuites et immédiatement mobilisables.

Prendre soin de l’emploi de son temps et de celui de ses collaborateurs (si je dirige un projet est-ce que les réunions peuvent se programmer au meilleur temps d’attention du groupe? puis-je éviter de mobiliser mes collègues après 17h?), donner du sens et de la visibilité sur les conséquences de ce que nous faisons (« nous ne taillons pas des pierres, nous participons à l’édification de la cathédrale »), donner du temps aux relations pour en gagner ensuite dans l’exécution, garder un espace de créativité pour certains contributeurs, rassurer par un cadre précis pour d’autres.

Toutes ces pistes peuvent contribuer à vous rendre plus heureux au travail, vous-mêmes comme vos collègues.

Le bien-être semble si loin du monde de l’entreprise, et pourtant à notre portée dès que nous ramenons cela à l’échelle d’une équipe, d’un projet. Chaque personne a ses propres ressorts de motivation, besoins de reconnaissance (pour lui-même, sa qualité de contribution, l’efficacité de son travail…). Il nous appartient aussi individuellement de les nourrir.

Si nous convenons qu’un employé motivé, déploie ses compétences en ayant la satisfaction de se sentir utile, de contribuer et de développer ses talents, alors oui, le plaisir au travail contribue directement à la performance.

Stéphane Loiret – juin 2012