Réussir son intégration (3) : le temps de l’action


batirGiorgio(*) réfléchit.

Cela fait 6 semaines qu’il a pris son poste de Directeur France pour sa société italienne.

Tout comme Myriam il a passé du temps à se faire connaitre. A la différence de Myriam, son poste est très exposé à l’extérieur de la société. Il a dû apprendre à découvrir et l’intérieur de l’entreprise, et son environnement extérieur en un temps record.

Giorgio est du genre dynamique. Son moteur à lui c’est l’action. Et si possible, de l’action avec des enjeux importants. Alors il est aisé de comprendre que pour lui cette intégration c’est déjà un enjeu en soi.

La pression?

Il l’a dès le premier jour en prenant le destin de cette filiale française d’un groupe international. Et il était tentant pour lui de lancer des actions rapidement. Néanmoins, il a pris soin de prendre des contacts avant de prendre des décisions qui engagent la société sur plusieurs années. Les premières semaines, il a tissé des liens avec plusieurs dizaines de fournisseurs, distributeurs et acteurs économiques de sa nouvelle région.

Les actions lancées?

Uniquement les priorités qui nécessitent une décision immédiate.

Il a commencé à lancer les recrutements des collaborateurs dont il a besoin très prochainement. Il a aussi conclut les négociations les plus engagées avec ses distributeurs. Et dès qu’il est au siège en Italie, il prend le temps de rencontrer peu à peu, ses interlocuteurs clés dans l’entreprise; son patron, ses pairs, ses collègues du comité de direction, et les collaborateurs des fonctions support avec lesquels il établit la filiale.

Du terrain, dans l’essentiel et les priorités. En évitant de se noyer dans l’action il évite ainsi de s’éparpiller et gagne une bonne première impression auprès de ses interlocuteurs.

Entretenir l’effet « heureuse surprise ».

Le détail qui a surpris positivement, c’est qu’il s’est assuré que ses premières demandes soient réalistes, concrètes et précises, et au présent; « voulez-vous bien m’aider à monter une rencontre avec M.Untel dans le courant de ce mois », « vous est-il possible de me remettre ces données pour la semaine prochaine ? » En restant positif, ouvert, il a aussi permis à ses collaborateurs de contribuer à son intégration et d’établir un lien de confiance avec lui.

Cette heureuse surprise, l’effet « wow » en quelque sorte, se retrouve dans les premiers résultats. Giorgio a déjà connu l’échec après s’être laissé enfermer dans des objectifs impossibles à tenir. Cette fois-ci, petite victoire après petite victoire, il est au rendez-vous… et même avec un peu d’avance sur ce qui était attendu!

Stéphane Loiret – Février 2013

(*) Les noms ont été modifiés

Les bienfaits de la célébration


Celebrer chaque victoire si petite soit-elleVincent (*) a presque 6 ans cet été-là, il passe ses vacances dans un petit village de Corrèze chez ses grands-parents. Comme tous les enfants de son âge, Vincent aime bouger et faire du vélo. Mais aujourd’hui il a décidé de faire du vélo pour la première fois sans l’aide des roulettes de stabilité. Encouragé par son grand-père, il s’élance sur le faux-plat, puis aborde la pente plus raide du chemin qui longe la maison. Après 5 mètres, il peine, la vitesse du vélo diminue rapidement; Vincent chute. Nous avons tous connu ce que vit Vincent à ce moment précis.

Au-delà de la surprise et la douleur, c’est surtout la déception et la tristesse qui l’envahissent. Il essuie une larme. Et là, son grand-père vient l’aider à se relever et lui dit : « je suis épaté, c’est super, tu as réussi plus de 5 mètres tout seul du premier coup ! Tu peux être très fier de toi, essaye encore. »

Claire (*) a entrepris de changer de vie professionnelle il y a 5 mois. Les premiers pas dans sa démarche de construction de projet ont été difficiles. Mais chaque pas a été reconnu et célébré comme une petite victoire pour elle-même. Cela a contribué à alimenter son optimisme et graduellement sa confiance en elle et ses ressources. 5 mètres après 5 mètres.

Le franchissement de chaque difficulté est l’occasion d’une joie à partager. C’est aussi un choix et notre responsabilité de le décider.

Il y a 2 semaines, je reçois un message de Claire, m’annonçant qu’elle a la confirmation d’un rendez-vous obtenu sur recommandation pour sa recherche de poste. Elle a le trac.

Au lieu de lutter contre, elle accueille simplement ce qui se passe pour elle. Elle célèbre intérieurement ce qu’elle a parcouru pour obtenir cet entretien. Elle s’accorde cette reconnaissance du chemin effectué et s’en réjouit intérieurement. Elle peut, comme Vincent, remonter sur son vélo.

Le rendez-vous a eu lieu vendredi dernier. Et sans que Claire s’y attende, ce contact de réseau s’est transformé en proposition de poste. Sa prochaine étape est de rencontrer les Ressources Humaines.

Oui, je suis heureux pour Claire. Et si vous aussi, vous vous surprenez à être heureux, de cette histoire, ou de vos plus petites réussites dans vos entreprises de la journée,  je vous invite à les dire. Partagez ainsi vos célébrations de victoires, petites ou grandes, ce bienfait-là, il est contagieux !

(*) Les noms ont été modifiés.

Stéphane Loiret – Septembre 2012

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »  Guillaume d’Orange.